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Saint-Pierre et Miquelon, une poignée d’îles et îlots au sud de Terre-Neuve. Dessus, un peu plus de 5500 habitants qui s’accrochent contre vents et marées. Dans ce contexte, qu’on imagine plutôt aride sur le plan de la connaissance scientifique, un « noyau » est en train de prendre sa place et de s’élaborer autour d’un objectif. La PIIRESS, qui entend servir le territoire en lui facilitant l’accès à l’information scientifique.

Demandez à un habitant de l’archipel qui sont les scientifiques à Saint-Pierre et Miquelon, et il y a de fortes chances pour que la réponse la plus répandue soit encore « l’IFREMER« . Le bâtiment bleu « en dur » sur le front de mer, les études océanographiques, les éprouvettes visibles depuis les baies vitrées, le navire de recherche Cryos (seuls les plus anciens s’en souviennent), et le dynamique Herlé Goraguer. Les lecteurs de l’Heure de l’Est le connaisse déjà, c’est avec lui qu’on était remonté dans le temps au sujet des palourdes 5 fois centenaires.

>> Relire La palourde noire, une longévité record

Pourtant, cette image qui fleure bon la pêche et les Grands Bancs est en train de prendre un coup de jeune, et c’est tant mieux ! La pêche et l’océanographie sont-elles en train de laisser de la place à d’autres domaines de recherches à Saint-Pierre et Miquelon ? Il semble bien que oui.

Les choses évoluent dans le bon sens puisque Saint-Pierre et Miquelon voit le développement d’une nouvelle structure scientifique, la Plateforme Interdisciplinaire et Internationale de Recherche et d’Enseignement Supérieur en zone Subarctique, plus communément appelée PIIRESS. Tout est dans le nom : la PIIRESS a été créée en partie pour rendre accessible au plus grand nombre les découvertes réalisées sur l’archipel. Et ça, c’est nouveau !

Sur le site de la PIIRESS on peut lire qu’elle a pour objet :

« le développement dans l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon, d’activités de recherche scientifique de toutes disciplines, dans le but d’augmenter les connaissances utiles à son développement social, économique, culturel et patrimonial ».

Par les temps qui courent, une initiative qui s’appuie sur la connaissance scientifique et qui prend la recherche comme point de départ pour réfléchir tout en diffusant le processus dans la population, c’est précieux. Et c’est ce qu’on appelle prendre les choses par le bon bout !

Un constat : Saint-Pierre et Miquelon intéressent les scientifiques.

PIIRESS Saint-Pierre et Miquelon

Prélèvement de sédiments pour analyse.
Crédit Photo PIIRESS

Depuis toujours, des séjours scientifiques se déroulent dans l’archipel, mais qu’est-ce qu’il en reste ?

Les missions passent, les rapports rejoignent les précédents sur les étagères des centres de recherches dans le monde entier.  Une fois là, ils tombent un peu dans les oubliettes, il faut bien l’admettre, n’intéressant plus que les spécialistes. C’est un peu trois petits tours et puis s’en vont. Le suivi est difficile à assurer et ces découvertes n’apportent pas autant à la population qu’on pourrait l’espérer. On veut faire mieux et plus « durable ».

Désir de faire évoluer cette approche, la PIIRESS  voit le jour en 2019 sous l’impulsion d’Annick Girardin, enfant du pays alors ministre des Outremer et de Frédérique Vidal, Ministre de l’enseignement supérieur. Elle installe une nouvelle dynamique.

Coordination, promotion, facilitation : les trois axes opérationnels de la PIIRESS.

PIIRESS c’est un lieu, à la fois physique et virtuel, pour accueillir et centraliser les efforts de recherches scientifiques de tous horizons. Par la suite les résultats seront centralisés dans la bibliothèque, virtuelle elle aussi, consultable sur le site web de la structure. Concrètement cela signifie que les rapports de recherches scientifiques effectuées à Saint-Pierre et Miquelon sont désormais centralisés en un endroit, le site de la PIIRESS. Ils sont accessibles à tous.

C’est enthousiasmant à plus d’un titre :

  • pour les gens de l’archipel curieux d’en apprendre plus sur leur propre environnement,
  • pour les chercheurs du monde entier qui peuvent se servir de ces rapports,
  • pour les porteurs de projets qui pourront désormais s’appuyer sur des données scientifiques fiables et de qualité.

Tous domaines scientifiques

Mais la science, c’est vaste ? Est-ce qu’il y a des cadres, des sujets privilégiés ? A cette question, Eric Brossier, le coordinateur du projet répond de manière limpide :

« On est à l’écoute des besoins de la population. On doit sentir qu’il y a un développement possible, qu’un sujet traité peut générer des projets. Il y a quelques semaines nous avons organisé une série de conférences sur l’algoculture. On sait qu’il y a un potentiel fort sur l’archipel et un besoin de données et d’expertise scientifiques. Nous avons fait se rencontrer de futurs entrepreneurs et des spécialistes de la question. Notre travail consiste à faciliter ces échanges ».

Un aperçu du passage du franco-canadien Tristan LeGoff qui a pu partager ses connaissances avec la population à travers des conférences et de sorties sur le rivage.

Un entretien réalisé par Mathias Raynaud, de Saint-Pierre et Miquelon La 1ère :

 

L’archéologie se taille la part du lion.

A vrai dire, il n’est pas exact d’affirmer que la pêche et l’océanographie sont les principaux domaines scientifiques étudiés à Saint-Pierre et Miquelon. Depuis des décennies, l’archéologie occupe une place de choix et ces 10 dernières années ont vu une montée en puissance des fouilles. Les différents travaux menés nous indiquent qu’on peut trouver des traces de présence qui remontent aux paléoesquimaux 500 ans avant JC. Les découvertes de sites dignes d’intérêt se multiplient et intéressent autant les chercheurs français que les chercheurs canadiens.

L’Anse à Henry à Saint-Pierre, en face le Grand Colombier. Plusieurs campagnes de fouilles archéologiques s’y sont déroulées.
Crédit photo : HDE

Vous connaissez déjà les travaux de Catherine Losier de l’Université Mémorial de Saint-Jean et vous avez découvert aussi les travaux de Grégoire Marchand et Réginald Auger. Des sujets passionnants !

En mai et juin de cette année, la PIIRESS a coordonné les fouilles de chercheurs français venus constater ce que leurs prédécesseurs suspectaient : on trouve aussi des sites archéologiques à Miquelon. Et comme c’est désormais l’usage : la plateforme a organisé le séjour des chercheurs, géré la logistique, facilité leurs travaux sur place et programmé des conférences finales pour la population. À Miquelon et à Saint-Pierre.

PIIRESS conférence archéologie

La conférence de restitution sur les fouilles réalisées ce printemps. Crédit photo HDE

Et la suite pour la PIIRESS ?

Un coup d’œil sur la page Facebook vous donnera une idée de l’activité foisonnante de cette très jeune structure. Algues, cerfs de Virginie, plusieurs missions dans le cadre de la montée du niveau des océans, une conférence passionnante sur le bruit subaquatique et le « Chant de la sardine » etc. Bref …il se passe beaucoup de choses.

Les mois à venir seront consacrés à répondre à l’appel à projet gouvernemental FRANCE 2030 qui serait le garant du financement de la PIIRESS dans l’avenir. Elle n’est pas la seule sur les rangs et au sein de l’outremer la concurrence est rude mais on croise les doigts pour qu’Eric Brossier et Marie Cormier décrochent un financement durable. Ils ont d’ores et déjà apporté la preuve que la PIIRESS était indispensable pour l’archipel.

 

 

 

 

 

 

 

Patricia Detcheverry

Patricia Detcheverry

Après 10 ans en régie publicitaire, je me suis lancée dans l'hôtellerie et j'ai vécu (encore) 10 ans au rythme des saisons touristiques. Freelance depuis 2017 j'allie mon regard de professionnelle du tourisme et mes compétences en communication pour faire connaitre ma région à travers divers sites web. J'adore faire découvrir les petits endroits paumés où personne ne va, les petites routes ignorées et les gens, toujours les gens !

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PIIRESS, le sens de la science

Saint-Pierre et Miquelon, une poignée d'îles et îlots au sud de Terre-Neuve. Dessus, un peu plus de 5500 habitants qui s'accrochent contre vents et marées.