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La pêche aux palourdes

Rien n’est plus zen que la pêche aux palourdes sur la dune de Maisonnette au beau milieu de la baie de Caraquet.

Je mange des palourdes depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, cependant, je n’avais jamais vu comment celles-ci se pêchent – ou se récoltent, car la cueillette se fait à l’aide d’un râteau.

peche palourde equipement

Aubé et l’attirail du parfait pêcheur de palourdes : une télévision, un bac pour la récolte, un râteau, un anneau, un vaporisateur d’huile végétale, des cuissardes, des gants et un beau chapeau! Quel look!

Quand j’ai contacté Louis Lanteigne pour lui demander quand ce serait possible de l’accompagner, il m’a répondu « dans une heure ». Je n’ai pas laissé passer l’occasion! Je me rends tout d’abord chez lui où il m’équipe de petits chaussons isolants et de cuissardes en caoutchouc – la mer est encore assez froide au mois de mai. On se rend ensuite au débarcadère près du quai de Caraquet pour la mise à l’eau de son petit bateau. Après une traversée d’une dizaine de minutes, on débarque sur la dune à marée descendante, dans l’eau jusqu’aux genoux.

Les compagnons de pêche de Louis sont déjà au poste : Alvin Chiasson, Aubé Chenard et Joseph Friolet sont des adeptes de cette pratique depuis de nombreuses années. Tous munis d’une « télévision » à travers laquelle on peut voir le fond sablonneux, ils déambulent lentement à la recherche des trous de palourdes ou encore des « yeux », soit l’extrémité des siphons inhalant et exhalant de ce mollusque bivalve.

Louis m’explique les rudiments de la pêche et me laisse regarder dans sa télévision. J’ai beau scruter le fond avec la plus grande attention, je n’y vois goutte. Mais je goûte ce moment d’un calme incroyable, me promenant d’un pêcheur à l’autre avec mon appareil photo.

La cueillette se fait lentement mais sûrement, en parcourant une zone de long en large et en creusant chaque trou à l’aide d’un râteau.

Louis revient vers son bateau.

Afin d’aplatir les vaguelettes, on vaporise un peu d’huile végétale tout autour, ce qui permet une meilleure vision. À chaque prise, on mesure la coquille à l’aide d’un anneau : elle doit être d’au moins 102mm et les palourdes trop petites sont rejetées à l’eau.

La coquille doit mesurer au moins 102mm.

Joseph est particulièrement blagueur, il dit reconnaître celles qu’il a rejetées l’année dernière et qu’elles se moquent de lui. Aubé, pour sa part, a déjà pratiqué cette pêche commercialement dont le quota était de 300 palourdes par jour au lieu de 100. Il en a gardé quelques trucs : pour savoir combien il a pêché, son bac est muni d’un compteur. À chaque dix palourdes, il avance un piquet, comme au jeu de crible. Il concocte également des recettes d’huile végétale : il expérimente des mélanges d’huile d’olive, de canola ou autres et tente de trouver ce qui rend la mer plus lisse. De son côté, Alvin ne se complique pas trop la vie. Il a du mal à détecter les trous alors, il râcle. Sa récolte est tout de même comparable à celle des autres.

Pendant environ quatre heures, cette exploration de la dune se poursuit jusqu’à la marée montante qui concorde aujourd’hui avec le déclin du soleil. La lumière est magnifique et ce point de vue sur Caraquet, Maisonnette et l’île de Caraquet me fait réaliser, encore une fois, la beauté sereine de mon coin de pays.

Je retourne la première à l’embarcation qui est ancrée à une certaine distance. Une fois à bord, j’en profite pour capter le retour de mes quatre pêcheurs marchant dans l’eau scintillante jusqu’aux cuisses. La marée monte, il est temps de rentrer.

N.B.. Ces mollusques sont en fait des mactres, mais par chez-nous, on dit des palourdes. Il en va de même pour les myes de sable que l’on appelle des coques.

 

Toutes les photos de cet article sont l’œuvre de Julie D’Amour-Léger, tous droits réservés.

Julie D'Amour-Léger

Julie D'Amour-Léger

Julie D’Amour-Léger est née à Caraquet, au Nouveau-Brunswick. La photographie a toujours fait partie de sa vie, elle y a consacré ses études et en a fait sa profession, principalement dans le milieu du cinéma et de la télévision. Après avoir vécu vingt-deux ans à Montréal, elle revient vivre en Acadie en 2007. Parallèlement à ses activités professionnelles, Julie D’Amour-Léger poursuit différents projets photographiques en lien avec son environnement immédiat. Récipiendaire d’une bourse du Conseil des arts et du Ministère du Tourisme, Patrimoine et Culture du Nouveau-Brunswick pour son projet Le monde des pêches, elle est actuellement en résidence artistique sur différents bateaux de pêches, et ce jusqu’à l’automne. Elle veut ainsi rendre hommage aux travailleurs de la mer et témoigner de ce qui fait battre le cœur des régions maritimes. L’Heure de l’Est vous invite à suivre Julie dans cette aventure fascinante et à découvrir Le monde des pêches à travers son regard.

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