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Voir Miscou

Voir Miscou et mourir

 

 

Disons-le tout de suite, l’île Miscou, au Nouveau-Brunswick, n’est pas Venise (et on ne vient pas y mourir, non plus!). Il n’y a d’ailleurs aucune similitude entre les deux endroits. Aucune! L’eau à Miscou y est beaucoup plus propre, l’air plus pur et on y chercherait vainement la foule.

La fée de Miscou

Voir MiscouSelon une légende Mik’maq, c’est un personnage maléfique, la Gougou, qui règne sur l’Île Miscou.

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Sandra Lecouteur

La chanteuse acadienne Sandra Lecouteur l’évoque même souvent dans ses spectacles. Mais, aujourd’hui, vous n’avez rien à craindre car c’est elle, Sandra, qui veille sur son île minuscule, tout au bout de la péninsule acadienne.

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Au bout du monde

Il faut prendre deux ponts pour y arriver – d’abord celui qui sépare Shippagan de l’Île Lamèque et le second qui relie Lamèque à Miscou. Après… ce sont des terres sablonneuses d’un bord et des tourbières de l’autre. Le paysage est celui des Îles de la Madeleine, de l’Île du Prince-Édouard ou de Miquelon-Langlade. Au bout, il y a le Golfe du Saint-Laurent!

 

Ici, affirme Sandra, même les oiseaux virent de bord.

Le phare

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Comme toute île qui se respecte, Miscou a son phare. Un monument historique d’ailleurs! Construit en 1856 par un homme d’affaires du nom de James Murray et haut de 4 étages, il guide les marins vers la Baie des Chaleurs et le Golfe du Saint-Laurent. Sandra Lecouteur raconte avec bonheur que lorsqu’elle était petite elle y passait beaucoup de temps. La femme du gardien de phare n’avait pas d’enfants alors «maman me prêtait de temps à autres,» ajoute-t-elle.

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Pour le Congrès Mondial Acadien de 2009, Sandra réussit à convaincre les autorités de la laisser organiser,  dans le phare, un spectacle qu’elle décide d’intituler, non sans humour, “Voir Miscou et Mourir”. Réussite totale! Près de dix ans plus tard, c’est une programmation estivale complète (24 spectacles cet été!) qu’elle nous offre et qui prend fin, cette semaine, par un spectacle cabaret.

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Cet été Zachary Richard, Erwens, Gilles Bélanger, George Belliveau, Pierre Flynn et Martine Cabrel (oui! oui! la sœur de Francis) s’y sont produits avec bonheur. La salle est minuscule ce qui fait qu’on a toujours l’impression d’être privilégié d’avoir sa chaise au sein de ce phare et d’attendre que l’artiste descende le grand escalier pour prendre place sur la petite scène.

Comme il fait nuit noire dehors, on laisse la porte ouverte et, au travers de la moustiquaire, on entend les vagues se briser sur la plage, le bruit des insectes ou de la pluie, autant de sons qui s’ajoutent aux notes de musique, comme si la terre suivait, elle aussi, la partition. À l’intérieur, l’odeur du large se mêle à celle de la vieille charpente de bois. Magique! Comme la chanson Le Phare, elle-même!

Le pouvoir de la musique

Tout aussi magique est la transformation de cette île de 600 habitants grâce à la détermination et au talent de Sandra Lecouteur. Tout comme son voisin, Mathieu Duguay, a transformé sa région avec le Festival de Musique Baroque de Lamèque, Sandra a fait du site du phare une destination incontournable aussi bien pour les touristes que pour les locaux. Chaque printemps, on guette la programmation de Voir Miscou et Mourir et les places pour les spectacles (60 sièges grand maximum!) se vendent comme des petits pains. En juillet, Sandra organise un déjeuner sur l’herbe, à l’image de la peinture de Monet. On s’habille en costumes d’époques (plus ou moins!) et on vient s’installer avec le casse-croûte autour du phare pour profiter de la beauté du lieu, de la plage et de l’animation musicale offerte gratuitement.

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En fait, l’affluence de visiteurs, spectateurs, touristes et curieux a donné un coup de jeune au phare qui s’est refait une beauté: nouveau bardeau, nouvelle peinture! Là où se dressaient autrefois la maison du gardien et ses dépendances, on vient de reconstruire deux bâtiments qui abritent une boutique-souvenir et un café-restaurant très occupé durant la belle saison.

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Crédit photo: Tourisme Nouveau-Brunswick

Et une fois que les dernières notes de musique se sont tues et que Sandra a repris le chemin de Montréal, de la France ou de Dieu sait où pour ses spectacles, il reste encore la beauté à couper le souffle des tourbières de Miscou dont les bruyères s’enflamment dans la fraîcheur de l’automne. Magique, on vous dit! D’ailleurs, jugez vous-même en visionnant ce ravissant film réalisé par Julien Cadieux pour Phare-Est Media.

Phare de Miscou

 

 

 

 

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