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Festival musique baroque

Un festival royal!

Festival musique baroque

C’est une douce folie baroque qui enveloppe, trop brièvement, les îles de Lamèque et Miscou, au Nouveau-Brunswick, durant le mois de juillet… depuis 43 ans (oui, vous avez bien lu!). Après 42 ans de patience, je suis enfin allée assister au Festival international de musique baroque de Lamèque et, à dire vrai, je n’en suis pas encore revenue.

 

Festival musique baroque
Église Ste-Cécile

Récemment, je vous ai fait découvrir l’Église Sainte-Cécile de Petite-Rivière, sur l’île Lamèque, fruit du rêve (un peu fou, lui aussi) d’un curé de campagne. Cette église, après tout Sainte-Cécile est la sainte patronne des musiciens, c’est le haut lieu du Festival International de musique baroque de Lamèque, un évènement né dans le brillant esprit d’un certain Matthieu Duguay, natif de l’île, parti apprendre la musique à Montréal dans les années 60 et déterminé à la ramener chez lui, pour de bon! 

Tout un pari, vous en doutez bien, puisque Lamèque et Miscou sont deux îles avec une minuscule population – respectivement 1400 et 800 âmes – et que la principale agglomération voisine, Shippagan , compte seulement 2600 habitants.

Écoutez, Matthieu Duguay, nous expliquer comme il s’y est pris:

Concerts royaux

Cette année, le festival était sous le signe des “Concerts Royaux”: la musique de Couperin, de Bach, de Händel et de Purcell a bercé les festivaliers, dont certains viennent (les chanceux et chanceuses!), fidèlement, depuis 42 ans. J’avais acheté le forfait complet pour les 7 spectacles, je ne l’ai pas regretté.

Un festival d’été, c’est de la musique, mais en vacances

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L’orgue du grand Händel
Festival musique baroque
Une jeune mélomane

Il y a quelque chose de magique à écouter la musique de Händel sur l’orgue de l’église ultra moderne de Shippagan ou à assister avec un auditoire de jeunes à un concert-conférence autour du “Luth, l’ami des rois”. Ce concert, une nouveauté au festival, mêlait découvertes et musique. Animé par la luthiste Madeleine Owen, ce concert d’après-midi aura été l’occasion de belles découvertes. Pour ma part, c’est là que j’ai découvert le théorbe, superbe instrument à cordes de la Renaissance (voir photo ci-contre).

Une beauté à couper le souffle

Mais le clou du festival, le moment incomparablement magique de ces quatre jours de grâce, fut le concert de clôture du festival, le samedi 28 juillet dans l’église de Petite-Rivière. Intitulé “Ode à Purcell”, le concert réunissait le chœur et l’orchestre de la Mission Saint-Charles, sous la direction de Ivars Taupins, chef d’orchestre réputé. Le ravissement a été total. J’en suis sortie bouleversée, comme tous les festivaliers.

Festival musique baroque
Loris Barrucand

Et ce n’est pas simplement la musique qui frappe, ni la qualité des interprétations, ni la réputation internationale des musiciens, comme Loris Barrucand, jeune claveciniste français. C’est le tout qui nous emporte: la combinaison du grand niveau musical, de l’emplacement insolite et charmant des lieux et du tour de force que représente la tenue d’un tel festival. Et puis, surtout, le ravissement vient de ce qu’on ressent l’indicible fierté et l’engagement des organisateurs, bénévoles et résidents de la région qui s’investissent sans compter pour “leur” Festival international de musique baroque de Lamèque.

Ne croyez pas non plus qu’une fois le dernier concert terminé, c’en est fait jusqu’à l’année suivante. Dans l’esprit de Matthieu Duguay, il fallait que le festival serve à développer les talents musicaux des résidents. C’est ainsi que le Choeur de la Mission Saint-Charles est une chorale locale à laquelle s’ajoute, le temps du festival, quelques chanteurs professionnels.

Une organisation impeccable

Alors, comment fait-on pour réunir une cinquantaine de musiciens professionnels venus de partout au monde à Lamèque et Miscou autour d’un programme musical ambitieux? Sans hôtel, transport en communs ou salles de concert? On s’entoure d’un comité de bénévoles très dynamiques, on choisit un directeur musical jeune et connu – le flûtiste à bec Vincent Lauzer – et on s’appuie sur les gens de la région: pour accueillir les artistes, les nourrir, les loger, les transporter d’un lieu à l’autre, pour s’occuper des instruments et, bien sûr, pour que ces visiteurs renommés découvrent la région, tout simplement, en allant profiter des plages, pêcher les coques, manger du homard à volonté. Faut-il s’étonner que certains musiciens ne pensent qu’à revenir à Lamèque? Tout comme je rêve à revenir l’an prochain et guette déjà la programmation 2019. 

Île Lamèque, NB

 

 

 

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