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Le patrimoine au bout des doigts

Le Village historique acadien, vous connaissez? Sans aucun doute si vous suivez l’Heure de l’Est, sinon faites-en le tour avant de lire ce qui suit! Lors de ma première visite, je vous avais promis la découverte des nombreux métiers et savoir-faire en montre au Village, chose promise, chose due!

Que d’activités!

Au Village historique acadien, ça vaut la peine d’être mentionné de nouveau, environ 175 personnes s’activent dans plus de 60 bâtiments pour illustrer deux cents ans d’histoire (de 1770 à 1950).

Et comme personne « ne se tourne les pouces », qu’il y a des bêtes à soigner, des gens à nourrir et des visiteurs à informer, c’est quelque 20 métiers et savoir-faire qui sont ainsi en démonstration.

Les métiers

Il y a d’abord les métiers à part entière: le menuisier (en haut à gauche), le tonnelier, (à droite) et le ferblantier (en bas à gauche). Trois métiers autrefois essentiels et aujourd’hui en perte de vitesse, disons!

Les pièces fabriquées par ces artisans au cour de la saison estivale se retrouvent sur les étagères de la boutique du Village. C’est ainsi, d’ailleurs, qu’une petite pelle en fer blanc se trouve maintenant dans le gros pot de sucre de ma cuisine. Que de souvenirs quand je fais de la pâtisserie…

Il y a aussi le forgeron, dont le travail est un des plus beaux à regarder:

Et il y a le meunier, dont le métier, ça fait bien de la peine, est quasiment oublié!

patrimoine acadien
Le meunier

Il vous explique pourtant, avec beaucoup de connaissance et une infinie patience, l’opération de son moulin à aube pour la production de farine.

Plus loin, il y a aussi l’opérateur de la scierie, « le moulin à bois », si vous préférez. Là encore, ce sont les instruments et machinerie du début du vingtième siècle qu’on vous montre. Je n’y connais pas grand chose mais je vais parier que les choses ont bien changé dans ce domaine.

Les savoir-faire

Chemin faisant, en passant d’une maison, d’une ferme, d’une grange à une autre vous découvrirez aussi la foule de savoir-faire qu’il fallait autrefois maîtriser pour espérer vivre confortablement, nourrir et élever une famille. C’est un aspect majeur du patrimoine acadien.

Besoin de bardeau pour recouvrir sa maison? On n’allait pas en acheter un ballot au magasin général, on le faisait soi-même:

Il en allait de même pour tout l’ordinaire.

Prenez, par exemple, le tissu: les Acadiens privilégiait la toile de lin et il fallait littéralement tout faire du début à la fin, de l’ensemencement des champs avec la graine de lin elle-même, jusqu’à la production du fil et finalement du tissu:

Et puis, songez-y, il y avait aussi toutes les autres tâches du quotidien pour lesquelles un tour de main, une façon de faire, une technique, étaient nécessaires:

patrimoine acadien

Il y avait même des techniques particulières pour faire les balais, comme le prouve la photo de couverture de cet article.

L’économie domestique

En observant tous les métiers et savoir-faire en démonstration au Village historique acadien, on comprend que l’économie domestique des Acadiens, peu importe les époques, reposait sur deux grands principes:

  1. En faire le plus possible par soi-même, et,
  2. Ne rien gaspiller

« Réduire, recycler, réutiliser » n’était pas un slogan pour les anciens Acadiens, mais un mode de vie. À tout reste on trouvait utilité, comme les morceaux de tissus transformés en tapis hooké, par exemple.

Bien sûr, on défaisait les tricots pour en faire des nouveaux, on reprisait les bas, on allait même jusqu’à pratiquer la défaisure. « La quoi? », dites-vous.

Philippe Basque, historien du Village historique acadien et collaborateur de l’Heure de l’Est, vous explique tout: L’art de la défaisure.

 

Avouez que si on avait continué à appliquer, au fil des ans, certains de ces gestes et si on avait perpétué le sens de l’économie, notre planète serait sans doute aujourd’hui en meilleure santé.

Remarquez bien qu’on pourrait aussi, dès maintenant, essayer d’en prendre de la graine!

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patrimoine acadien

 

3 comments

  1. Maintenir les connaissances artisanales ancestrales constitue un énorme défi en ces temps hautement technologiques. Bravo aux employés du VHA qui réussissent encore à faire partager ces expériences aux milliers de visiteurs à chaque été.

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