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Le Mosquito Project: les moustiques font le buzz

Quel est l’animal le plus dangereux pour l’homme ? Le requin ? le serpent ? l’Homme lui-même ? Hé non !… La plus grande menace pour l’homme a l’air bien inoffensif et c’est une bestiole qu’on croise partout sur la planète, même dans votre jardin, même dans votre chambre à coucher : il s’agit du moustique ! 

Chaque année les piqûres de moustiques sont à l’origine de 725 000 morts humaines. Partout dans le monde, c’est un enjeu de santé publique. Une meilleure connaissance des moustiques de Terre-Neuve et Labrador et de Saint-Pierre et Miquelon, voilà l’objectif du Mosquito Project de l’Université Mémorial de Terre-Neuve et Labrador.

the mosquito project logo

Le Mosquito Project : la chasse aux diptères

Les moustiques, il faut les connaitre pour mieux s’en protéger et être conscient des risques qui volent autour de nos têtes. C’est l’avis d’une équipe de chercheurs de l’Université Mémorial de Terre-Neuve et Labrador menée par Tegan Padgett, la scientifique coordinatrice de l’étude.

Mosquito project à Terre Neuve et Labrador
Tegan Padgett, la coordinatrice du Mosquito Project.
Photo : Rich Blenkinsopp

J’ai pu m’entretenir avec Hugh Whitney, un des scientifiques participant et le francophone du groupe. Hugh a été pendant 30 ans le vétérinaire en chef de la province de Terre-Neuve et Labrador. A la retraite depuis 2015 il continue à s’intéresser à ces questions et a rejoint le groupe de chercheurs, entomologistes et virologues qui étudient cette question de santé publique.

Depuis 2018 ils ont mis sur pieds le Mosquito Project : un projet de science participative qui vise à localiser, identifier et analyser les moustiques qui vivent à Terre-Neuve et Labrador et à Saint-Pierre et Miquelon.

Une population mal répertoriée

Pour le moment, on compte 37 espèces de diptères (la grande famille des moustiques) répertoriées à Terre-Neuve, au Labrador et à Saint-Pierre et Miquelon. Les moustiques n’ont pas de frontière aussi, l’archipel français a-t-il été intégré dans l’étude, les moustiques vont d’un territoire à l’autre en fonction des vents.

Quel est l’intérêt de mieux connaitre ces espèces ?  Déterminer si les espèces connues comme étant vecteurs de virus sont installées dans notre région.

 

Sommes-nous entourés de gentils petits moustiques, certes gênants, mais inoffensifs ? ou au contraire, avons-nous potentiellement des fauves qui volent tranquillement dans notre environnement ?

Les populations de moustiques évoluent … Les changements climatiques – encore eux – y sont pour quelque chose : des étés plus chauds dans nos régions favorisent l’installation de bestioles peu recommandables. mosquito projectL’augmentation des voyages y est aussi pour quelque chose : les valises peuvent contenir bien plus que ce qu’on y met et on soupçonne que les moustiques, ou leurs œufs, prennent l’avion.

C’est comme ça que de redoutables espèces de moustiques asiatiques sont désormais installés partout sur la planète. A priori il n’y a pas encore de moustique-tigre par chez nous, mais la vigilance est de mise.

Vigilance dans les Maritimes : des moustiques porteurs de virus identifiés

On a tous entendu parler des terribles maladies comme le paludisme, la dengue, le chikungunya, responsables chaque année des milliers de morts évoquées plus haut. Ces maladies sont colportées par des moustiques porteurs de virus qui, en piquant un humain puis un autre les propagent tout au long de leur vie. Ici, c’est surtout le virus du Nil Occidental qui intéresse les chercheurs. Des cas ont été relevés dans tout le Canada,.. sauf à Terre-neuve et Labrador. Est-ce que ça veut dire que ce virus n’existe pas dans notre région ou qu’il n’a, pour le moment, pas été relevé ici ? C’est une des principales questions à laquelle le Mosquito Project veut répondre.

La surveillance du virus du Nil Occidental n’est pas récente. Depuis 1990 il est considéré comme une question de santé publique mais c’est la première fois qu’il sera traqué de cette façon par ici !

Le Mosquito Project : une action scientifique citoyenne participative

Les vaillants scientifiques de l’Université Mémorial ne suffiront pas à couvrir cet immense territoire c’est pourquoi ils comptent sur la participation

aspirateur à moustiques
L’aspirateur à moustiques.
Photo Rich Blenkinsopp

du plus grand nombre.

Comment ? ils mettent à notre disposition « des aspirateurs à moustiques ». Un petit dispositif très simple qui vous permet d’aspirer un moustique dans un tube et de l’y enfermer. Oui : aspirer mais on précise bien qu’il y a un filtre dans le tube et que vous ne pourrez pas avaler le moustique lui même ! On vous remettra autant de tubes que vous le souhaitez.

Attention, on ne doit prélever que les moustiques qui s’attaquent à l’humain. Les moustiques des chevaux, des lapins, des grenouilles etc n’intéressent pas les chercheurs du Mosquito Project.

Une fois le ou les moustiques dans le tube, on vous demande d’identifier l’endroit où l’insecte a été prélevé :

  • date
  • lieu
  • type d’environnement : plage ? forêt ? tourbière ? ville ? etc…
  • une photo de l’endroit

Il faudra ensuite le conserver au frais et, si vous prévoyez faire une collecte durant toute la saison, renvoyer le tout aux chercheurs du Mosquito Project à Saint-Jean de Terre-Neuve.

On est en train de réfléchir à une façon de faire plus simple pour les gens de Saint-Pierre et Miquelon avec, peut-être un correspondant sur place qui pourrait distribuer les dispositifs de prélèvement puis s’occuper de récupérer les tubes pour les expédier aux chercheurs. Affaire à suivre.

Une collecte ouverte à tous !

Hugh Whitney ne mettra pas beaucoup d’anti-moustique cet été. Il prévoit prélever un échantillon de moustiques toutes les deux semaines pendant toute la saison.

Saviez-vous que ce sont différentes espèces qui seront présentes sur le terrain en fonction de la période ? De la fonte des neiges à l’automne on ne trouve pas les mêmes moustiques. Il y a même des espèces qui survivent à l’hiver

Même si tout le monde n’en fera pas autant, Hugh pense que beaucoup de gens peuvent avoir envie de participer à cette collecte :

Les groupes de naturalistes sont curieux des espèces de diptères présentes et ils vont vouloir en apprendre plus. Mais il y a aussi les municipalités, pour qui c’est important de savoir quels types de moustiques sont installés chez elles, les Parcs Nationaux et les Parcs Provinciaux, qui sont très fréquentés l’été, et également les classes de science, dans les écoles.  Ça peut être un projet très intéressant pour des groupes d’élèves, il y a aussi un aspect éducatif dans notre projet. Les participants peuvent être de tous âges.

Nous allons rapidement renvoyer le résultat des analyses aux personnes qui auront collecté des moustiques : les gens sauront quelles espèces ils auront prélevées.

De quoi faire naître des vocations d’entomologistes partout sur le territoire ! À la fin de la saison, les participants seront informés des découvertes faites (ou pas) en terme de virus.

Pour commander vos kits : envoyez un message à mosquitoNL@mun.ca et rendez-vous sur la page facebook du Newfoundland and Labrador Mosquito Project

 

Le bal des vampires : quelques mots sur les moustiques

 

  • Seules les femelles fécondées piquent. Donc, quand on parle de « record de dangerosité », on devrait dire : « les femelles moustiques fécondées » sont les animaux les plus dangereux.

 

  • Et pourquoi ce besoin de sang ? Pour mener à bien la fabrication de leurs œufs elles ont besoin de protéines, qu’elles trouvent dans le sang. Les chercheurs parlent d’ailleurs de « repas de sang« , qu’elles s’offrent tous les 3 à 5 jours. Donc, oui, les moustiques piquent plusieurs fois au cours de leur vie. Heureusement, contrairement aux vampires, elles ne sont pas éternelles et ont une durée de vie de quelques semaines.

 

  • Les moustiques mâles, qui ne piquent pas, nous tournent autour parce qu’ils sont attirés par les femelles moustiques qui elles veulent nous piquer. Pas de chance pour eux, ils se font écraser de la même manière !

 

  • Comment un virus se propage-t-il ? C’est un processus complexe et on n’entrera pas dans les détails ici mais certains moustiques sont des espèces « pont ». Ils peuvent piquer, par exemple, un corbeau, porteur d’un virus, et devenir infecté par ce virus. Ces moustiques infectés piqueront un humain et transmettront le virus par le biais de la salive qu’elles envoient quand elles piquent (ce produit qui fait que les piqûres de moustique provoquent des démangeaisons).

 

Merci de partager cet article pour aider Le Mosquito Project a recruter un grand nombre de participants collecteurs !

 

Pour en savoir plus sur le processus de transmission d’un virus par les moustiques :

Ce n’est pas la première fois que nous vous parlons d’une action de science participative citoyenne. Rappelez-vous  >>> Rouleaux de printemps, Rouleaux de capelans

 

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