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Diasporacadie : l’Acadie, par route et par chemin

C’est un soleil radieux et une brise estivale qui auront accompagné les 40 participants au voyage “Les Iles Acadiennes de l’Atlantique” lors de leur passage à Saint-Pierre et Miquelon, les 6, 7 et 8 septembre. Une étape d’un séjour cousu main et brodé de bonne humeur par un spécialiste de la région, Claude Boudreau, de Diasporacadie.

11 jours et une culture

quidi vidi
A Quidi Vidi, tout près de Saint-Jean de Terre-Neuve

Ils sont de la Baie Sainte-Marie, de la Péninsule Acadienne, du Sud-Ouest du Nouveau-Brunswick, d’ailleurs au Canada et même de Belle-Ile-en-Mer, l’Acadie de France métropolitaine.  Des jeunes retraités très dynamiques qui sont tout d’abord allés rouler leurs -R dans la capitale Terre-Neuvienne.

Trois jours à Saint-Jean et ses alentours avec au programme des visites de Signal Hill, Quidi Vidi et bien sur, Plaisance. Satisfait de son escale, Claude est serein : le groupe va bien. En aparté il  me confie que pour la prochaine édition, c’est vers Port-au-Port qu’il aimerait diriger ses voyageurs.

“C’est loin, mais c’est là le berceau de la francophonie Terre-Neuvienne”. Port-au-Port, une île dans l’île … un défi pour un tour opérateur : 800 kilomètres séparent la communauté francophone de la capitale. 800 kilomètres d’un désert de tourbières et de forêts…

Anciens guides touristiques chez Parc Canada, personnes engagées dans le secteur culturel de leur communauté, enseignants à la retraite …, les clients de Diasporacadie sont, tout d’abord, des gens curieux et passionnés de culture et d’histoire acadienne. Quand d’autres font une route des vins, un safari en 4×4 ou voyagent pour apprendre le tango argentin, les voyageurs de Diasporacadie veulent découvrir l’Acadie dans ses moindres recoins et, c’est très important, fraterniser avec des gens de l’endroit. Ils sont venus pour échanger et pour mieux connaitre ces îles de l’Atlantique où certains de leurs ancêtres ont séjourné.

Mais, au fait,  Saint-Pierre et Miquelon, ça compte comme l’Acadie ?…

Claude me répond :

” Moi je pense que l ‘Acadie est là où vivent des Acadiens. Des descendants des Vigneau, des Cormier, des Boudreau (entre autres) vivent  à Miquelon et à Saint-Pierre. Donc, Saint-Pierre et Miquelon fait partie de l’Acadie et doit figurer parmi les destinations proposées par Diasporacadie.”

Voilà. Ce ne sont pas les Miquelonnais qui ont oeuvré pour la pose de la stèle de l’Odyssée Acadienne au centre du village qui diront le contraire !

Stèle de l'Odyssée Acadienne
Le groupe autour de la stèle de l’Odyssée Acadienne

L’accent ? c’est grave ?

Ben là, Claudette, du fromage de chèvre ? V’là qu’tu d’viens exotique !

Miquelon danse traditionnelle
Le quadrille à Miquelon

Mais Claudette Cormier n’a pas douté et a laissé rire Paul, son mari. Même si le fromage de chèvre n’était pas celui produit à Miquelon il lui aura quand même donné ce petit goût de France qu’elle venait chercher à Saint-Pierre et Miquelon. Tout comme le millefeuille, qui a terminé le repas.

Pourtant, le premier choc quand des Acadiens rencontrent les français de Saint-Pierre et Miquelon, ce n’est pas la gastronomie, c’est … l’accent. Sujet de toutes les plaisanteries pendant les trois jours, l’accent des gens de l’archipel est difficile à comprendre au début, c’est “le français de France”. Assez intimidant, même, plein de mots peu employés en Acadie. “ça nous a pris un peu de temps … l’accent français est bien plus sharp que le nôtre mais c’est un beau chant dans nos oreilles” m’explique Susan Surette-Draper, de Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse.

Et c’est pour ça aussi que, se retrouver en groupe et voir que personne ou presque n’a compris ce que le guide local a bien pu dire, c’est plutôt rassurant et finalement assez drôle.

Une fois l’oreille faite, il suffit d’une brève visite aux cimetières de Saint-Pierre et de Miquelon pour comprendre que les histoires familiales de nos visiteurs se recoupent avec celles de nombreuses familles de l’archipel.

Nous ne sommes pas que des voisins !

Quelques figures de quadrille au son de violoneux à Miquelon finiront de persuader les voyageurs qu’ils sont bel et bien en terrain connu à Saint-Pierre et Miquelon.

Nous ne sommes pas allés jusqu’à chanter ensemble “La chaîne de mon tracteur” mais on aurait pu ! Ici aussi on écoute Cayouche ! Moi j’appelle ça signe incontestable qu’on est bien plus que de simples voisins ! Pas vous ?

Plus sérieusement, quelques uns de ces visiteurs sont tellement mieux informés que moi sur l’histoire de la population de l’archipel que je me fais tout petite sur certains sujets. J’écoute et je suis impressionnée par Conrad Roy, de Petit-Rocher, au Nouveau-Brunswick, mon voisin de table. Il connait sa filiation jusqu’au début du XVIIème siècle. Il la récite en mesure, comme une épopée :

Conrad à Philippe à Louis à Joseph à Éloi à Jean-Baptiste à Thomas à Joseph à François (…) à Jean Roy dit Laliberté né en France vers 1650 et marié en Acadie vers 1686 avec Marie Aubois une amérindienne.

mais aussi :

Conrad à Yvonne Grant à Bernadette Boudreau à Philomène Cormier à Hortence Grant à Marie-Reine Doucet à Constance Landry à Charlotte Doiron à Marguerite Mius d’Azy à Marie Amireau à Marie Pitre à Marie Pesseley à Barbe Bajolet née à Piney en Champagne en 1608 et mariée en France vers 1628  avec Isaac Pesseley.

Ils sont comme ça les Acadiens, immergés dans un quotidien qui englobe un passé toujours présent. Avec beaucoup de naturel ils sont capables de vous envoyer quatre siècles en arrière en un claquement de doigt. Comme ça, POUF ! entre deux verres de vin.

Il n’y a qu’eux pour vous dérouler un arbre généalogique comme ils vous réciteraient le Notre Père. Saisissant. Héritage d’un peuple qui a perdu ses écrits et ne pouvait conserver sa mémoire qu’à travers l’oralité. Ça me rappelle Pélagie La Charrette. (Je vais écrire un article là dessus. Pour les “Français de France” qui lisent L’Heure de l’Est.)

Emportant leur histoire, leur bel accent et plein de photos, les 40 acadiens sont repartis vers les Iles-de-la-Madeleine de bonne heure dimanche matin. Je les aurais bien suivis …

Pour en savoir plus sur Diasporacadie, … allez sur le site et n’hésitez pas à contacter Claude Boudreau. Il travaille régulièrement en collaboration avec Anne-Christine Martinot de Langue, Culture et Découverte. Elle est basée sur l’Ile d’Oléron, en Charente-Maritime.

 

 

One comment

  1. Très bien dit sur nos ami(e)s Acadiennes et Acadiens,Claude est une personne TRÈS bien organizer,beaucoup de travail pour lui mais il aime que toute les Acadiennes et Acadiens soient bien.Une personne TRÈS spéciale.BRAVO DIASPORACADIE.

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