Chargement en cours…
Le morne de la Grande Montagne à Miquelon

Escapade Insulaire : Gilles Gloaguen connait le chemin.

Une cafetière italienne posée sur une gazinière. Un geste de campeur. Presque. Il faut bien ça pour accueillir Gilles Gloaguen, le créateur d’Escapade Insulaire. Une agence pleine de belles promesses fondée en 2018, deux ans déjà ! Objectif : organiser des balades et des trecks à Saint-Pierre et Miquelon et à Terre-Neuve. Fondée par un homme, qui comme nous à l’Heure de l’Est, ne se préoccupe pas trop des frontières et considère lui aussi que l’archipel où il vit et les terres qui le bordent forment une seule et unique région. Entretien.

Gilles Gloaguen Escapade Insulaire
En tour guidé sur la flore de l’Ile aux Marins, mai 2019. Crédit photo : HDE

Escapade Insulaire. Le décor est posé. On va parler de voyages, de balades, de rando, de trek même, et d’îles. Au sortir du confinement, vous avez des fourmis dans les jambes ? Voilà de quoi vous donner des idées, pour plus tard, si vous n’avez pas la chance de vivre à Saint-Pierre et Miquelon ou à Terre-Neuve.

Gilles Gloaguen, 32 ans, jeune homme à l’empreinte carbone exemplaire, arrive chez moi en pédalant joyeusement sur son vélo dégoulinant de brume pissouse, les lunettes inondées et la casquette trempée. Complètement insensible aux intempéries. Le café est prêt ! Pile au bon moment !

« J’ai créé Escapade Insulaire pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de découvrir tous ces endroits de l’archipel et de la région que je parcours depuis des années. Certes, l’archipel est petit, et on pense tout connaître des îles. Pourtant, il y a beaucoup de très beaux coins où personne ne va jamais ! Au début la demande n’existait pas réellement, pas explicitement en tout cas.  Je crois que depuis le début c’est ça que je fais : je crée la demande et le public est de plus en plus  nombreux au rendez-vous. « 

Alors voilà, Gilles connait le chemin; c’est un peu comme si on vous servait Dolisie ou le Morne de la Grande Montagne sur un plateau.

Hors-sentier et sur les bancs de l’université

Oui, il faudra marcher et c’est justement ça que tant de visiteurs et locaux recherchent : l’immersion totale dans le territoire. S’engloutir, traverser les tourbières, gravir les mornes, contourner les « paquets de brousse » et se retrouver au milieu de paysages fréquentés par les renards et les cerfs de Virginie bien plus que par les humains. Des instants privilégiés et exclusifs dans une nature intacte.

Comptez sur Escapade Insulaire pour vous concocter de beaux itinéraires et vous faire découvrir des lieux que vous n’aviez jamais soupçonnés, même si vous avez toujours vécu dans l’archipel. Un voyage pour une journée, ou une soirée, ou bien, en trek de plusieurs jours.

Descendre à Couillette, sur la côté ouest de Langlade. Saint-Pierre et Miquelon
Moment fort dans la rando : la descente à Couillette, sur la côté ouest de Langlade. Crédit photo : Escapade Insulaire

Saint-Pierre et Miquelon s’ouvrent au tourisme. Rendre accessibles nos richesses naturelles est une nécessité absolue et on peut tous collectivement être très heureux de cette initiative qui ne laisse rien au hasard.

Des kilomètres de marche, il en faut pour maîtriser à ce point le terrain et pourtant, ça ne suffit pas. Il faut aussi des années d’études pour obtenir les diplômes spécifiques et rester dans le cadre légal très strict de la législation française. On ne s’improvise pas guide en montagne. Et si la montagne est « basse », pour la loi, c’est une montagne quand même.

Pour Gilles, ça sera d’abord un diplôme en gestion et protection de la Nature (BTS),

puis un diplôme du Ministère des Sports intitulé « Activités de randonnée »,

puis un autre : « Education à l’environnement ».  Puis encore un autre, le dernier pour l’instant : le diplôme d’Etat d’accompagnateur en montagne. Il est important, il autorise Gilles Gloaguen à organiser des treks hivernaux.

Grâce à ses connaissances pointues il agrémente largement ses sorties d’explications expertes sur la faune et la flore. Plusieurs années d’étude en métropole entrecoupées de retours plus ou moins longs sur les îles et, de plus en plus évidente, l’envie de vivre à Saint-Pierre et Miquelon et de ne plus quitter cette nature où il se sent profondément chez lui.

La cerise sur le sunday : Terre-Neuve

Inclus dans le projet dès le départ :  notre « banlieue », la côte sud de Terre-Neuve. Pile en face de nos côtes. Si proche que certains jours on croirait pouvoir s’y rendre en quelques minutes de bateau.

En réalité « la côte sud », comme on l’appelle ici, est très difficilement accessible. L’unique poste douanier est à Fortune, au bout de la Péninsule de Burin, c’est donc obligatoirement par là qu’il faut accéder à l’île de Terre-Neuve. C’est d’ailleurs une frontière étrange … la seule entre la France et la Canada. Drôle d’endroit….

Puis quitter Fortune et faire route vers l’est est compliqué. Parce que les routes sont autant faites de kilomètres de bitume gondolé longeant d’interminables successions de tourbière-forêt-tourbière-forêt que de flots bleus agités qu’on traverse par ferry. Ça fait maintenant plus d’une décennie que Gilles Gloaguen se donne corps et âme pour connaître cet immense territoire aussi bien que les résidents. On croirait un désert, une vraie Frontière,  qui requiert patience et ténacité.  Beaucoup de constance aussi, pour gagner la confiance des gens du coin, ces derniers des Mohicans, ceux qui résistent dans leurs minuscules communautés que le gouvernement provincial aimerait fermer.

Un trek exclusif signé Escapade Insulaire

Si Terre-Neuve développe son offre touristique, les circuits proposés se focalisent sur le nord de l’île, autour du parc national de Gros Morne. En dehors de cette (vaste) zone, point de salut. Sauf si vous faites appel à Escapade Insulaire !

Les paysages époustouflants de la côte sud de Terre-Neuve sont alors à votre portée. Les habitants de cette région de Terre-Neuve sont traditionnellement des pêcheurs et des chasseurs. Gilles y marche depuis une dizaine d’années et connait comme sa poche les abords du Long Harbour Fjord. A force de visite il a noué des contacts avec les gens de l’endroit. La randonnée comme sport de plein air n’est pas très développé par là mais il a rencontré Dennis et Viola aujourd’hui ses partenaires. Ils l’assistent dans l’organisation des treks et séjours et apportent une grande valeur ajoutée aux séjours sur place.

C’est une alliance de choc puisque, grâce à eux, Escapade Insulaire peut loger les randonneurs dans des cabanes de pêcheurs à Anderson’s Cove (au début du fjord).  Ils assurent une partie du transport avec leur propre embarcation et déposent le groupe ici ou là pour nos séjours en étoile. Ça change tout !

Un bel exemple de tourisme durable où le passage de Gilles et ses randonneurs ne doit pas passer inaperçu dans la localité reculée de Grand Le Pierre (200 âmes) !

 

À partir de Anderson’s cove, Escapade Insulaire propose donc un séjour en étoile (quel joli nom) : la journée est consacrée à la rando et tous les soirs les participants rentrent à la cabane et se restaurent grâce aux petits plats concoctés par Dennis et Viola (les poissons et coquilles Saint-Jacques tout frais pêchés ont un grand succès !).

Les randonneurs découvrent ces paysages sans porter autre chose qu’un petit pique-nique. Les paysages extraordinaires de cette région méconnue rendus accessibles par cette géniale organisation même pour les marcheurs « moyens ». C’est une performance !

Vous avez envie de tenter l’expérience ? Vous savez ce qu’il vous reste à faire !

 

 

6 comments

  1. je suis enchantée de voir cette nature intacte merci pour ces magnifiques reportages et surtout merci pour ces rencontres humaines authentiques
    j’attends vos reportages avec beaucoup de curiosité et j’espère un jour pouvoir venir vous saluer « en face à face »
    amicalement une « fan » de l’heure de l’est !!!

    1. Merci Béatrice ! alors je suis certaine que l’article que Françoise a écrit pour la semaine prochaine va vous … submerger de bonheur !

  2. formidables idées ! j’ai parcouru bien de ces coins comme promeneur, pécheur , chasseur et photographe, et je suis heureux de penser que grace à ces super organisateurs de découvertes, ces paradis méconnus seront redécouverts par beaucoup. Vu les difficultés pour arriver à St Pierre, qui ne vont pas disparaitre de si tôt, ces paradis le resteront encore longtemps.

    1. Merci Abel, j’ai pensé à vous en écrivant cet article. Je sais comme vous avez aimé la côte sud de Terre-Neuve ! ET oui vous avez raison, ce sont des endroits qui vont rester très exclusifs encore très longtemps !

  3. je trouve cet article magnifique , je suis spécialisée dans le voyage éco-responsable dans les Outre-Mer située au pays Basque .

    pouvez vous me communiquer le contact de Gilles Gloaguen ??

    Bien à vous

    Nicole BERNARD

Qu'en pensez vous ?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.