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Emilie Pardoën

Coup de bluff entre Saint-Pierre et Moncton

Le Mascaret. Une vague brune qui n’en finit pas. Elle s’étire sur des centaines de kilomètres …. Elle a pris naissance à Moncton dans la rivière Petitcodiac juste à côté du Grand Colombier. Elle vient terminer sa course sur le rivage de l’Île aux Marins.

Les Hopewells Rocks de la Baie de Fundy sont plantés devant la maison Jézéquel de l’Île.

Bon.

 

 

Le mascaret

 

Tout parait terriblement normal.

Sur la carte postale le soleil est radieux, le ciel est bleu.

A côté, exposées, il y a aussi ces photos un peu jaunes, qui semblent sorties d’un grenier où elles auraient dormi 50 ans.

Des cartes postales anciennes, couleur sépia, où une épave est contemplée par des badauds endimanchés.

Oui, tout semble normal.

 

Mais regardez un peu plus attentivement…

N’est-ce pas là l’épave du Transpacific plantée en plein centre ville de Moncton ? – alors qu’on la connait plutôt échouée sur la grève de l’île aux Marins.

Un panorama de la ville de Saint-Pierre, pris du tournant de l’Anse à Pierre… où l’on peut observer les quartiers qui s’étalent autour …  de la tour Aliant haute d’une centaine de mètres. Sur une autre carte postale l’ancienne gare de Moncton remplace la préfecture de Saint-Pierre et Miquelon.

Et on n’y voit que du feu !

…. Mesdames et Messieurs, sous vos applaudissements, la reine de l’illusion, … Emilie Pardoën !

Pourquoi l’Université de Moncton ?

Emilie a fait l’inverse de la longue vague de son diptyque : elle a quitté son archipel pour faire rouler son imagination et ses souvenirs de Saint-Pierre et Miquelon dans les paysages de Moncton. Aussi comme une vague, son esprit va et vient entre son archipel et la métropole du Nouveau-Brunswick. Elle mélange les deux en permanence.

” A Moncton, j’ai trouvé ce que je recherchais : un programme en Arts Visuels formidable. Des classes avec de petits effectifs, du matériel de premier choix. Aussi et surtout des profs très attentifs et passionnés dont un maître d’estampe à la renommée internationale, Jacques Arsenault.”

La voilà, après 4 années, diplômée du Baccalauréat en Arts Visuels où elle a pu découvrir l’estampe et se perfectionner dans le travail de la photo argentique.

Au delà de l’université elle-même, Emilie, venant de Saint-Pierre et Miquelon, a aussi trouvé à Moncton une atmosphère et une communauté d’artistes.  Voilà ce qui la porte et ce qui lui donne envie de creuser encore davantage sa “pratique artistique”.

Elle sait qu’en plus de sa poursuite d’étude pour encore deux ans en infographie au Collège Communautaire de Dieppe elle va pouvoir développer sa sensibilité artistique et apprendre à exprimer par l’art, ce qu’elle veut dire au monde. “Je suis particulièrement attirée par l’atelier d’estampe IMAGO, au Centre Culturel Aberdeen. Les artistes sont accueillis, on nous prête du matériel pour réaliser nos estampes, puis des moyens pour exposer. On est soutenu, et plongé dans la vie artistique de la ville. C’est très excitant !”

Coup de bluff ! “Il y a quelque chose qui ne va pas !”

C’est pour marquer la fin de son cursus universitaire qu’Emilie et les deux autres finissants de 2018, Alex Smith et Suzanne Cormier, exposent en ce moment et jusqu’au 27 mai à la Galerie Louise-et-Ruben-Cohen de l’Université de Moncton. Une première grande exposition pour les trois jeunes artistes qui les propulse en plein lumière et qui les fait connaitre de leurs pairs et du grand public. Un vrai tremplin !

Lors du vernissage, Emilie s’est beaucoup amusée à écouter les commentaires des quelques 200 personnes présentes.

Mission accomplie:  son travail sur l’identité l’a amenée à faire de savants mélanges. Les “Mais ça ne se peut pas !” et les “Il y a quelque chose qui ne va pas !” qu’elle espérait susciter étaient bien là ! Et c’est vrai ! Les dix œuvres de la série “Jumelage entre Saint-Pierre et Miquelon et Moncton” sont comme des énigmes que l’on joue à décoder.

Le but est de faire douter le public. On croit reconnaître tous les endroits si on regarde rapidement, mais l’observateur attentif se rendra vite compte que tout est combiné dans les créations d’Emilie. Des paysages incongrus, mais aussi les époques incertaines … elle sème des anachronismes comme d’autres plantent des tomates !

Dans cette exposition, une autre partie des œuvres présentées par Emilie Pardoën traite des douleurs chroniques avec lesquelles elle vit depuis toujours. Un message silencieux sur la souffrance au quotidien qui entraîne vers de toutes autres considérations que les paysages de la série “Jumelage” plus tournés vers l’identité.

Cette jeune femme a des choses à dire et à montrer. Il faudra la suivre avec attention. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises !

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