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L’arrivée à Newport, fin de la première étape

Vous avez suivi le périple en solitaire de Rodolphe Victorri depuis Saint-Pierre direction Newport. Le Mini 6.50 « Saint-Pierre et Miquelon » a touché terre samedi 25 mai dans la nuit. Vous le verrez, notre skipper a eu un peu de mal à se reposer: le bateau et les formalités avant tout !

Certes, Rodolphe nous a fait languir 48 heures mais quand on lit ce qui suit, on comprend mieux ! Voici le journal de bord qu’il vient de nous faire parvenir. 

Arrivée à Newport : le meilleur (ou le pire) pour la fin.

Samedi fin d’après-midi, le vent est faible (10/15 noeuds), il fait beau et clair (pas de brouillard) et je décide de tenter l’arrivée à Newport de nuit si la douane US me le permet.

Coup de téléphone obligatoire aux douanes, questions habituelles et accord pour aller à Newport, mais obligation de rester à bord avec le pavillon Q hissé (pavillon jaune – code international signifiant que le bateau est en attente de formalités douanière), donc je continue.

La nuit tombe, le trafic se densifie, l’alarme AIS sonne sans arrêt, je dois manœuvrer pour laisser passer un remorqueur qui tire une barge de 200m – un convoi de plus d’un kilomètre – je n’ose pas imaginer ce qui se serait passé si je n’avais pas appelé le remorqueur par VHF pour savoir s’il tirait quelque chose et que je m’étais pris le câble dans la quille ou dans la figure… !

Newport approche, comme à chaque fois que l’on arrive de nuit dans une zone urbanisée, on distingue à peine les feux de navigation tant il y a de lumières en arrière-plan… Heureusement, j’ai préparé une série de Waypoints GPS qu’il me suffit de suivre en évitant le trafic.

Entrée par la passe Est de Narragansett Bay, puis passage entre Fort Adams et Goat Island et il ne me reste plus qu’à viser le dernier Waypoint à l’entrée de la Marina du Newport Yacht-Club. Un coup d’œil sur la cartographie du téléphone me précise le contexte (et notamment la position des côtes) de manière nettement moins abstraite que les waypoints du GPS de navigation.

Une navigation à la voile dans un « champ de mines »

Enfin du soleil et de bonnes températures, il y a du ménage à faire !

Maintenant, les lumières de la ville sont très proches et je ne distingue absolument plus rien sur l’eau tant elles sont éblouissantes. Soudain une ombre devant moi en masque toute une série. Le temps que je comprenne, je suis à quelques mètres d’un immense yacht au mouillage. Manœuvre en catastrophe (à la voile) pour l’éviter et c’est un autre face à moi, puis encore un…

Je suis au beau milieu d’une zone de mouillage qui en l’occurrence ressemble à un champ de mines, et après 4 virages, je ne sais plus où je suis. Je jette un œil désespéré sur le téléphone, mais la pluie a commencé à tomber et l’écran bouge dans tous les sens sans que je puisse le recaler sur la zone de navigation.

Il me reste à continuer le slalom entre les navires au mouillage en essayant de me rapprocher de l’entrée de la marina. Enfin j’y suis et il reste de quoi garer mon 6,50 m sur le ponton visiteur, entre 2 yachts de luxe. Le vent pousse vers le quai, donc j’affale la grand-voile et finis à sec de toile en douceur jusqu’à quai. Il est une heure du matin, c’est l’arrivée à Newport, enfin !

arrivée à Newport
Le parcours sinueux de l’arrivée à Newport

Une heure après le bateau est en ordre et je remets ma veste de ciré pour pouvoir dormir sur les sacs de voiles mouillés sans sentir l’humidité.

Bienvenue aux Etats Unis.

douanes6 heures du matin, je me réveille en sursaut tandis que quelqu’un tape sur le bateau !  C’est « juste » la douane américaine qui vient faire son inspection.

Passeport, papiers du bateau et on me demande mon visa… Un visa, eh bien j’ai un ESTA, ce truc qu’on achète par Internet pour pouvoir rentrer aux USA (l’équivalent de l’AVE Canadien), mais le douanier n’est pas d’accord du tout. L’ESTA, c’est certes pour les Français, mais à condition qu’ils arrivent par un vol commercial, pas sur un navire privé. Là il me faut un Visa. Les seuls qui en sont exemptés sont les pays frontaliers comme le Canada ou les Bermudes. J’ose un timide « …Mais Saint-Pierre-et-Miquelon, c’est sensiblement la même distance que les Bermudes »….

Rien n’y fait.

Me voilà parti pour 2 heures de « paper work » afin d’obtenir une exemption de visa moyennant 600 $ et comme le douanier ne prend pas la carte bancaire il m’emmène faire un tour en ville pour trouver un distributeur de billets !

8h30, je suis de retour au bateau, en règle avec la douane et peux prendre un petit déjeuner.

 

« Safety inspection » : la course contre la montre

Petit déjeuner pris, il fait un temps splendide ! Le temps idéal pour le grand ménage : vider entièrement le bateau, rincer puis sécher tout ce qui a été touché par l’eau de mer (autant dire tout – voile, sacs étanches, boîtes diverses et tout l’intérieur du bateau que j’inonde avant d’écoper et de finir à l’éponge en alternant avec les allers-retours à la buanderie pour m’occuper du linge).

Fin d’après-midi, c’est Ted Singsen, M. Sécurité de la Bermuda 1-2, qui vient se présenter et m’informer que la météo est mauvaise pour mardi avec de la pluie donc l’inspection sécurité est avancée au lundi après-midi, ce qui signifie qu’il me reste à peine un peu plus d’une demi-journée pour finir le ménage, tout ranger à sa place selon inventaire des sacs, pré-remplir les 5 pages de questions qui seront passées en revue lors de l’inspection et récupérer et installer le moteur obligatoire. Je continue donc sur le bateau jusqu’à la nuit, enchaîne avec les papiers et m’effondre pour 6h de sommeil.

Lundi matin, je file chez West Marine, récupère le moteur, finis la job liste avant inspection et suis fin prêt à 14h.

Ted Singsen arrive, 2 heures de revue par le menu de tout l’équipement du bateau avant d’obtenir les « félicitations du jury » : il ne me manque qu’une seconde ancre à laquelle j’espérais pouvoir échapper.

16h30, obligations remplies, je peux attaquer la « job list perso » du bateau afin de régler les problèmes d’étanchéité de la trappe du radeau et des panneaux solaires, diverses bricoles survenues pendant le convoyage et la dépose de la grand-voile avec démontage des lattes en vue de la mise en place de celle aux nouvelles couleurs pour la course.

La nuit tombe, tout n’est pas terminé, je ne pourrai pas travailler mardi à cause de la pluie, restera donc mercredi matin avant de m’envoler pour Paris.

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