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Collages atlantiques

L’art … du collage

Collages atlantiques

Lorsqu’on entre chez Joy Hecht, on pourrait s’attendre à  trouver un atelier plein des coupures de papiers dont elle se sert pour faire ses superbes collages. Il n’en est rien.

Joy a trouvé le moyen de tout condenser dans un petit classeur reliure qu’elle peut apporter avec elle partout où son travail la conduit. En effet, Joy voyage beaucoup. Elle est consultante indépendante en économie sur des projets de développement au Tiers Monde. Ces collages représentent donc des paysages bien divers car partout où elle va, elle amène son petit cartable plein de papiers recyclés ou achetés : papiers de soie, papiers journaux, papiers de couleurs et de textures variées.

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Joy Hetch

Joy aime faire ses collages dehors, au beau milieu de la foule, dans des endroits où elle passe inaperçue. « Dans une ville, les gens ne font pas attention à ce qu’on fait. À la campagne, tout le monde est intrigué et vient voir comment je travaille et je n’aime pas trop cela ». Avec son petit cartable plein de pochettes plastiques remplies de tout ce dont elle a besoin pour découper, coller et agencer ses images, Joy peut s’installer où elle veut. Elle choisit les endroits qui l’inspirent, un carrefour intéressant, un petit coin montrant des textures variées, des bâtiments de toutes sortes. « J’ai toujours été visuelle », dit-elle. « Je ne copie pas les endroits de façon exacte. Je m’inspire de la sensation que l’endroit me donne, de l’impression que je ressens, puis j’agence les éléments à ma façon. Si j’ai envie d’ajouter un arbre ici ou là, je le fais… »

L’apprentissage du français

Joy passe beaucoup de temps à New York où elle est née. Elle y va régulièrement rendre visite à sa mère.  Qu’est-ce qui peut donc attirer une grande voyageuse de la grande ville à vouloir venir s’installer à St Jean de Terre-Neuve ? Eh bien, souvent, une chose en attire une autre et c’est un peu ce qui  est arrivé.

Collages atlantiques

Depuis sa jeunesse, Joy voulait devenir bilingue. Après tout, ses deux meilleures amies parlaient respectivement le hongrois et le chinois. Elle a donc demandé à sa mère pourquoi elle n’avait pas été élevée bilingue car elle aurait voulu apprendre l’allemand. Sa mère lui a  répondu : « n’as-tu pas remarqué que je ne parle pas l’allemand ? Et puis je ne pensais pas que tu aurais voulu apprendre le Yiddish », car la famille de Joy est juive.

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Elle a donc étudié le français qui était offert à l’école. Elle avait un bon professeur qui n’acceptait pas qu’ils parlent anglais en classe. Comme Joy aimait bien parler…. peut-être même un peu trop dit-elle en riant… cela a bien servi. Parler, elle l’a fait ! Elle s’est intéressée à la littérature et a continué ses études jusqu’à décrocher un poste à Paris à l’OCDE. Elle y est restée une année. À l’entendre parler français, on pourrait croire que c’est sa langue natale. Joy parle avec un très bon accent.

Après son année en France,  elle eut envie de visiter les petites îles françaises de Saint-Pierre et Miquelon dont elle avait entendu parler. Mais après s’être renseignée, elle a trouvé que c’était trop compliqué pour s’y rendre alors l’idée est tombée à l’eau. Ce n’est que bien plus tard, en 2006, qu’elle est venue visiter la province de Terre-Neuve par où elle pensait qu’il fallait passer pour se rendre aux îles françaises.

Le charme de Terre-Neuve

Sa première impression de l’Île n’était pas très bonne : brume, pluie, vent et froid étaient à l’honneur à St Jean. Mais très vite, une belle journée l’a amenée en haut de Signal Hill où elle a découvert un paysage absolument unique et merveilleux.  « Cette belle mer à perte de vue et ce beau soleil avec un air si pur… »  Elle était piquée. Elle est revenue… encore et encore… en 2007, 2008 et en 2009 a décidé de s’y acheter une maison.

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L’art du collage

Dans ses collages, Joy sait bien représenter les beaux paysages qui l’ont charmée, mais elle essaie aussi d’y ajouter une touche de culture locale. L’atmosphère du Festival Folklorique annuel au Parc Bannerman l’inspire beaucoup par exemple. Pour Joy, la musique folklorique était plutôt le genre d’Arlo Guthrie et Peter Seeger. Mais à Terre-Neuve, ce n’est pas le cas. Il y a une identité bien locale avec cette joie de vivre et ces célébrations. « Terre-Neuve est un endroit unique, avec ses habitants si fiers de leurs racines. Il y a toute une histoire ici. »

Premiers pas vers le public

Collages artistiques
Quidi Vidi

Sa première exposition a eu lieu dans un café de St Jean l’été dernier. Une de ses œuvres représentant le petit village de Quidi Vidi, a été achetée par le gouvernement pour la Collection Provinciale de Terre-Neuve.  Joy en est très fière et pour cause. Le style de ses collages vient de plusieurs influences au fil des années. Elle a d’abord aimé faire des esquisses au crayon, puis à l’aquarelle. Elle a même fait de la mosaïque.  Elle a commencé à se joindre à plusieurs groupes appelés ‘’Urban Sketchers’’ dans les différentes villes où elle se retrouve. Devant voyager souvent, elle a fini par trouver que les collages étaient bien plus pratiques que l’aquarelle.

En regardant les collages de Joy,  ce qui frappe au début c’est la finesse des détails. Il faut une certaine dextérité pour découper de si petits morceaux de papiers. Le tout donne un ensemble très frais et bien aéré. On y trouve une variété de textures et de bons contrastes. Les lignes et les couleurs s’agencent de façon agréable. Il semble que Joy ait enfin trouvé sa voie artistique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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